Entretien d’embauche : comment lire le langage corporel d’un recruteur

Le thème de la communication non verbale a été mis en lumière pour les téléspectateurs avec Lie to Me, une série populaire dans laquelle le Dr Cal Lightman, « le plus grand expert en tromperie au monde », a utilisé sa compréhension du langage corporel et des micro-expressions pour aider la police à résoudre des crimes. Mais il ne s’agissait pas d’une simple fiction, car Lightman était basé sur le Dr Paul Ekman, un psychologue américain renommé spécialisé dans ce domaine. La communication non verbale est également populaire auprès des recruteurs qui utilisent leurs compétences pour interpréter le langage corporel des candidats lors des entretiens d’embauche.

Il est vrai que c’est un moyen efficace d’examiner les candidats, surtout lorsqu’il s’agit de déterminer leurs traits de personnalité. Mais que se passerait-il si le temps était venu de renverser la situation en faisant appel à cette discipline ? Parce qu’en fin de compte, peu importe la position dans laquelle vous vous trouvez lorsque vous maîtrisez les outils permettant de déchiffrer le langage corporel d’une autre personne. Julie Salvador, experte en « synergologie » et coach en communication vocale, vous donne quelques conseils pour vous aider à mieux comprendre le recruteur lors d’un entretien d’embauche.

Qu’est-ce que la synergologie ?

Que devez-vous savoir sur la synergologie ? Selon Salvador, elle peut être définie comme « une discipline dont le but est de nous permettre de déchiffrer le fonctionnement de l’esprit humain à partir de son langage corporel ». Selon cette logique, le rôle du « synergologue » est de comprendre les pensées d’une personne en déchiffrant son langage corporel. Dans quel but ? Tout simplement, c’est d’optimiser la communication avec cette personne afin que vous puissiez tous les deux avoir un meilleur échange. Pour vous aider, il existe une grille de classification de plus de 2 000 codes qui vous permet d’observer et d’analyser précisément chaque information véhiculée par le corps humain.

Tout d’abord, il est important de se rappeler que vous ne pouvez pas vraiment accéder aux pensées d’une autre personne. Ainsi, chaque information que vous recueillez n’est jamais que le résultat d’une interprétation subjective. Un geste peut être lié à ce qu’une personne pense, à ce qu’elle dit à un moment précis, à son environnement ou même à quelque chose qu’elle ressent et qui n’a rien à voir avec le contexte professionnel. « Donc, même si vous n’êtes pas exactement dans la tête de l’autre personne, ce que vous observez vous permettra de questionner intelligemment ses gestes », a déclaré M. Salvador. « Les théories de la synergologie nous permettent de compenser le maximum de biais possible. En particulier, en se concentrant sur l’ancrage d’une personne dans une situation spécifique pour savoir si, par exemple, la personne est dans sa tête ou si elle est avec nous [dans la conversation] ».

Et contrairement à la programmation neuro-linguistique (PNL), un ensemble de techniques qui vise à aider un individu à changer la façon dont il perçoit son environnement, la synergologie ne vise pas à modifier le comportement d’une personne.

« Lors d’une séance de coaching, nous n’allons pas apprendre à utiliser des gestes appropriés, dans la mesure où il n’y a pas de bons ou de mauvais gestes.

En revanche, nous allons aider la personne à prendre conscience de certaines attitudes, ce qui lui donnera une longueur d’avance suffisante pour adapter son comportement et ainsi optimiser toute forme de dialogue ».

Pourquoi cela peut-il être utile lors d’un entretien d’embauche ?

Si la synergologie peut être utile dans la vie de tous les jours, elle peut l’être encore plus lors d’un entretien d’embauche. Elle a pour but premier de développer votre sens de l’observation afin de vous aider à vous adapter au mieux à l’interlocuteur en face de vous.

Et quoi de mieux pour passer un entretien que de pouvoir décrypter le fonctionnement d’un recruteur afin de maximiser vos chances de le convaincre ?

« Il ne s’agit pas vraiment de pouvoir à tout prix les amener à vous apprécier. Car si vous vous mettez dans cette situation, vous risquez de vous conformer à ce que le recruteur attend de vous, et de tomber ensuite dans une forme de séduction contre-productive », a déclaré M. Salvador. « Vous finirez par ne plus être vous-même et la communication cessera d’être honnête.

Cette approche est d’autant plus dangereuse si le candidat est ensuite engagé après avoir fait passer les attentes du recruteur avant les siennes. Le temps qu’il passe dans cette entreprise peut alors lui sembler un peu long », alors laissez tomber l’acte de séduction et pensez plutôt à vous adapter.

« Plus le candidat est capable de s’adapter à la personne qui lui fait face, ainsi qu’à l’environnement qui l’entoure, plus la communication sera fluide et plus la confiance s’établira ».

Comment lire votre recruteur ?

Pour comprendre un recruteur, la première étape consiste à observer ce qui se passe autour de vous, plutôt que de se concentrer sur l’impression que vous faites.

L’accent est souvent mis sur ce que vous voulez dire ou faire, plutôt que sur la principale personne concernée : le recruteur. Mais tout indice permettant de savoir si votre entretien se passe bien ou non viendra de lui. Gardez donc les yeux ouverts, mais tout en restant ancré dans le moment présent, sinon vous risquez de passer à côté de l’échange.

Voici un aperçu des clés pour comprendre et optimiser votre temps lors d’un entretien à la manière de Lie to Me.

1. Soyez prêt à vous adapter dès le début

Pour rendre toute forme de communication plus fluide, rien ne fonctionne mieux que l’adaptabilité. Dès que votre attitude correspond à celle de la personne en face de vous, vous créez une synchronisation du mouvement. Et lorsqu’un échange se déroule sans heurts, le langage corporel de chacun reflète instinctivement celui de l’autre. « Il ne s’agit pas d’imiter le recruteur, mais plutôt d’être conscient que la base de l’échange sera guidée par l’autre personne afin d’être en phase avec elle », a déclaré Salvador.

Lorsqu’il s’agit de s’adapter, il n’y a rien de mieux que de donner de l’espace au recruteur, surtout au début de l’entretien. Linda Blair, psychologue clinicienne, a déclaré qu’il ne nous faut que sept secondes pour juger une autre personne lorsque nous la rencontrons pour la première fois. Ce très petit laps de temps est d’autant plus essentiel qu’il peut influencer l’ensemble de l’entretien. Mais si, en tant que candidat, vous êtes jugé dans ces premiers instants, c’est aussi l’occasion de lire leur caractère. Sont-ils amicaux, stressés ou repliés sur eux-mêmes ?

Cela vaut la peine d’être noté, car vous ne devez pas vous adresser à eux de la même manière pour chacun de ces états. « Si le recruteur semble distant, il ne vaut peut-être pas la peine de s’approcher trop près d’eux en envahissant leur espace, car cela peut signifier qu’ils gardent volontairement leurs distances pour mieux vous évaluer », a déclaré M. Salvador. En bref, c’est à vous de repérer les signaux subtils.

2. Discernez facilement les bons sentiments…

Tout le monde peut sentir instinctivement si un entretien se passe bien. Mais en cas de doute, voici quelques clés pour confirmer cette bonne impression :

Intérêt

Si le recruteur est ouvert à la communication et montre un réel intérêt pour votre candidature, sa chaise sera placée au centre de la table avec son corps penché vers vous.

S’il touche la zone de son front, il réfléchit. Cela signifie non seulement qu’il est vraiment intéressé par ce que vous dites, mais aussi qu’il prend tout en compte ou même qu’il se projette en avant ?

S’ils clignent des yeux, c’est bon signe. Le fait de cligner des yeux permet de mémoriser une information donnée, ce qui montre qu’elle est ancrée dans le moment présent.

Enthousiasme

Le fait de bouger les sourcils est toujours un signe positif, car la zone des sourcils symbolise la connexion. Cela signifie qu’ils sont ouverts à la rencontre. C’est pourquoi les personnes qui ne montrent aucune réaction semblent souvent moins amicales.

S’ils sourient en réaction à ce que vous dites, bingo ! C’est presque toujours un signe de satisfaction ou d’encouragement. Pour détecter un sourire authentique, rappelez-vous qu’il faut voir tout le visage, surtout les yeux, et pas seulement la bouche. Lorsqu’une personne sourit vraiment, vous pouvez le voir et l’entendre dans sa voix. Ne considérez donc pas les masques comme un obstacle à la communication, mais plutôt comme un moyen de distinguer les vrais sourires des faux.

3. …et un mauvais sentiment

Cela peut être beaucoup plus difficile à détecter, voici donc quelques détails clés qui sont souvent mauvais signe. L’objectif est de les repérer le plus rapidement possible, puis de renverser la situation en votre faveur.

Insatisfaction

Si le recruteur se gratte la joue, c’est considéré comme un signe de contrariété et d’irritation. Réfléchissez à ce que vous avez pu dire ou laisser entendre pour corriger cette situation.

S’ils avancent sur leur chaise pendant que vous parlez, puis reculent soudainement, ils se retirent de la communication. En d’autres termes, quelque chose que vous avez dit leur a déplu ou les a fait réfléchir à deux fois. Vous devrez alors les ramener dans la conversation. La meilleure façon de le faire est de leur poser une question précise sur le poste ou sur l’entreprise en général. Veillez donc à vous informer au préalable sur l’entreprise afin d’avoir quelques questions à portée de main.

Incertitude

Si la personne se déplace constamment dans son fauteuil et a du mal à trouver une position confortable, cela signifie qu’elle a également du mal à comprendre quelque chose dans sa tête. Cette difficulté à « faire un choix » sera également visible si elle se gratte le menton, car cette zone symbolise le doute. C’est donc à vous de trouver le bon argument.

Si le recruteur est stressé, vous l’entendrez, car la voix devient sèche et staccato lorsqu’il est sous pression. Écoutez la vitesse à laquelle ils parlent : si elle s’accélère, cela signifie que vous devez passer à autre chose.

Impatience

Si le recruteur met le doigt sur sa bouche, c’est parce qu’il attend que vous finissiez votre réponse, mais surtout parce qu’il veut vraiment avoir son tour pour parler. Il est donc important de faire court pour leur laisser le temps de parler. Un entretien est avant tout une discussion.

S’ils tapent du doigt sur la table ou avec un objet, cela signifie que vous ne répondez pas assez vite pour eux. Il est temps d’accélérer le rythme.

L’ennui

Si le recruteur ne cligne pas des yeux ou ne le fait que très rarement, c’est souvent parce que vous les avez perdus. Est-ce qu’ils vous regardent vraiment quand ils hochent la tête ? Dans ce cas, vous constaterez un certain manque de mouvement du corps puisque la personne est restée figée dans cette position. C’est à vous de lui redonner de l’intérêt en la faisant revenir dans la conversation le plus rapidement possible. Peut-être avec une référence bien placée ou une question stratégique ?

Autorité

Si le recruteur recule, c’est parce qu’il crée une distance physique entre lui et le candidat. Et s’il répare sa cravate, sa veste ou son col, ou s’il ajuste ses vêtements de quelque manière que ce soit, ou s’il touche la zone entre les lèvres et le nez, cela signifie qu’il tente de reprendre son autorité. Dans cette situation, il est sage de montrer votre respect pour la hiérarchie en ne cherchant pas à envahir leur espace. Vous pouvez également reconnaître subtilement leur autorité, puisqu’ils ressentent le besoin de l’affirmer, en leur posant une question stratégique sur leur position dans l’entreprise, par exemple.

Pour être un bon observateur, vous devez d’abord vous sentir à l’aise d’être observé et évalué. Il est normal que les personnes interrogées se sentent mal à l’aise dans de telles situations, mais c’est souvent la cause première du stress ressenti par les candidats, ainsi que de la peur de ne pas pouvoir répondre à des questions difficiles. Ce stress peut cependant entraver toute interaction ou analyse. C’est pourquoi il est essentiel d’être préparé et d’adopter une approche positive pour tout entretien. Il est difficile de gagner la confiance d’un recruteur si vous n’avez pas confiance en vous. Si vous restez ouvert d’esprit, attentif au recruteur en face de vous et prêt à vous adapter à l’environnement, vous augmentez vos chances de réussite. À vous de jouer.

Nous espérons que vous avez aimé notre article. Faites-nous part de vos réactions en nous laissant des commentaires. 

Si vous avez aimé cet article, alors vos amis aussi, pourquoi ne pas le partager…


Ne ratez pas nos articles orientés Data Marketing.
Visitez notre Site Web.

Site Footer